Pour lisser des images clés, les outils ne manquent pas. Il en existe des dizaines, souvent remarquables, et les meilleurs sont payants. Quand on débute dans After Effects, difficile d’en choisir un, et chacun demande un temps de prise en main qui s’ajoute à celui du logiciel lui-même.
Speed7 part de la même idée que Springs or Bounces : un outil minimaliste, gratuit, libre et open source, que n’importe qui peut s’approprier et modifier à sa guise — la licence CC0 n’impose aucun retour, aucune mention, aucune citation. Un outil pour ceux qui n’ont pas le temps d’apprendre un outil de plus. On l’installe, on l’essaie, ça marche, c’est réglé.
Sept boutons, une courbe de vitesse chacun, un clic sur les images clés sélectionnées. Pas de boîte de dialogue, pas d’options, rien à retenir. Les cinq boutons du milieu couvrent les lissages courants. Les deux des extrémités répondent à un besoin plus personnel : une décélération constante et une accélération constante, deux interpolations que je ne retrouve pas dans les autres outils et que je voulais pouvoir appliquer en un geste.
Ces petits outils sont aussi, pour moi, un terrain d’essai pour le vibe coding. Partir d’un besoin pratique et simple, ne pas se lancer dans quelque chose de trop complexe, puis ajouter des fonctionnalités petit à petit — en complexifiant ce que je suis capable de faire en vibe codant, mais jamais l’outil lui-même, qui doit rester hyper simple.
Installation
- Téléchargez le dernier fichier .jsx dans les releases GitHub.
- Dans After Effects allez dans Fichier > Scripts > Installer le panneau ScriptUI…
- Sélectionnez ce fichier puis validez Redémarrer After Effects
- Après le redémarrage allez dans Fenêtre > Springs or Bounces.jsx
Un panneau fait pour être écrasé
Sept boutons, de gauche à droite ou de haut en bas quand le panneau est vertical.
La courbe dessinée sur chaque icône est le graphique de vitesse qu’elle applique :
- décélération constante
- influence 0 % en sortie / 100 % en entrée
- influence 33 % en sortie / 100 % en entrée
- influence 90 % en sortie / 90 % en entrée
- influence 100 % en sortie / 33 % en entrée
- influence 100 % en sortie / 0 % en entrée
- accélération constante.
Le vrai sujet de ce script n’est pas le lissage — appliquer un lissage temporel, c’est deux lignes de code. Le vrai sujet, c’est de garder sept boutons en permanence sous la main sans sacrifier de place dans l’espace de travail pour un panneau qu’on ne regarde qu’une demi-seconde à la fois. Le panneau est donc construit pour rester utilisable quand on le réduit à presque rien. Ancrez-le dans la colonne la plus étroite de votre espace de travail, ou réduisez la fenêtre flottante à une bande :
- les boutons n’ont pas de taille fixe : ils remplissent la place disponible et rétrécissent avec elle, jusqu’à 16 × 16 pixels ;
- les icônes sont des dessins vectoriels, pas des images : elles sont redessinées à la taille du bouton à chaque redimensionnement, l’épaisseur du trait suit, la courbe reste nette et centrée à toutes les échelles ;
- la rangée passe d’elle-même en colonne dès que le panneau est plus haut que large.
Un conseil pour gagner encore de la place : dans le menu du panneau (les trois traits en haut à droite), vérifiez que l’option Petits onglets est cochée. After Effects la laisse parfois décochée, et vous vous retrouvez avec une grosse barre d’onglets qui prend de la place pour rien.
Un petit script pour vibe coder
La première version des icônes, c’était sept fichiers PNG dans un dossier à côté du script. Ça marche, mais le script ne tient plus dans un seul fichier, et une image se déforme et floute dès que le bouton change de taille. Deuxième étape : convertir ces PNG en binaire et recopier le binary blob directement dans le fichier JSX. Un seul fichier à installer, mais toujours des images figées, et un pavé illisible au milieu du code.
C’est là que le vibe coding a permis d’aller plus loin que ce que j’aurais fait seul. Chaque courbe est maintenant décrite comme un tracé vectoriel — les mêmes commandes M, L, C qu’un fichier SVG — et c’est le script qui la dessine, avec l’API Graphics de ScriptUI, à la taille exacte du bouton au moment où il s’affiche. Plus de fichiers externes, plus de blob, et des icônes qu’on peut réduire autant qu’on veut. C’est cette même technique que j’ai réutilisée ensuite pour les boutons de Springs or Bounces.
Pour un utilisateur, rien de tout cela n’est visible : sept boutons, un clic, c’est tout. Pour moi, c’était exactement le genre d’exploration que permettent ces petits outils — apprendre une chose nouvelle à chaque script sans jamais compliquer ce que l’utilisateur a entre les mains.
Les outils utilisés
Claude Code (Anthropic), dans l’application Claude Desktop — écrit et fait évoluer le code.
L’API Graphics de ScriptUI — les icônes dessinées à partir de tracés vectoriels.
Git et GitHub — historique, publication, releases.